07/01/2006

Blacky

Une chose m'aurait manqué dans mon enfance, si ma vieille voisine n'avait pris un chien. Car ma mère se montrait inflexible...elle ne voulait aucun animal à la maison. On m'avait dit que mes voisins allaient avoir un petit chiot. J'avais alors mes cinq ans. J'étais vraiment en effervescence. Il fallut toute la persuasion de ma mère pour que j'aille dormir, avec la promesse que si le petit chien arrivait, on viendrait m'éveiller. Tel fut dit, tel fut fait. On m'amena sur mon lit cette petite boule de poils ras. Il était tout noir avec une cravate blanche. Son maître décida de l'appeler Blacky. Lorsque je rentrais de l'école, je me précipitais chez les voisins pour voir Blacky. Je le trouvais si beau. Il n'avait rien d'exceptionnel, lorsque j'y songe. Il n'appartenait à aucune race bien précise. Il était ce qu'on appelait chez nous : un race-canal. C'était un euphémisme pour ne pas dire c'est un petit bâtard. Car le terme bâtard était souvent injurieux pour les humains, on craignait peut-être qu'il le devienne aussi pour les petits chiens que la nature n'avait pas munis d'un pédigré. J'aimais Blacky et il me le rendait bien. Il pouvait être parfois agressifs ; mais avec moi jamais. Il participait à tous mes jeux, j'allais m'asseoir sur sa couche. Il était et resta de petite taille. Mais son maître lui avait fabriqué une couche où on aurait pu mettre un dobberman. Alors j'allais m'asseoir près de lui et je le prenais par le cou, à la grande peur de tout l'entourage ; car Blacky se mettait à grogner. Mais à la longue on finit par comprendre que lorsqu'il grognait à mon sujet, c'était de satisfaction - de la même façon qu'un chat roronne. Le pauvre Blacky ne vécut que 9 ans, il finit avec un cancer de la gorge et on dû, à mon grand désespoir le faire piquer. Il combla la solitude de mon enfance. Je suis encore ému en repensant à lui.

08:52 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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