08/01/2006

Le petit Marcel

Mon grand-père maternel, qui n'en ratait pas une, avait parfois un humour assez grinçant. J'ai hérité de lui mon goût de l'humour et des plaisanteries ; mais j'essaye cependant de ne pas être trop mordant pour ne pas blesser les gens. J'ai parlé dans la note précédente de mon petit Blacky. Le gros défaut de ce chien, c'est qu'il mangeait tout ce qu'on lui offrait. Ce qui veut dire, arrive aux chiens, ce qu'il arrive aux gens. Si c'était un humain, on aurait dit de lui qu'il avait tendance à l'obésité. Mon grand-père, qui n'avait pas le même amour que moi pour la gens canine. Et il saluait l'arrivée à la maison de mon toutou bien-aimé par une raillerie du genre : "voici le petit gourmand" et Blacky s'agitait particulièrement lorsque ma mère était en train de faire cuire des gaufres et qu'elle laissait tomber volontairement quelques restes découpés autour des gaufes pour qu'elles aient une apparence égales. Comme le maître du chien avait lui aussi quelques tendances à l'enbompoint, mon grand-père eut vite fait de rebaptiser le chien en lui donnant le prénom de son maître et lorsqu'il venait à la maison, il saluait désormais le chien d'un "bonjour mon petit Marcel". Le chien regardait mon grand-père d'un assez mauvais air, comme s'il avait compris le sarcasme. Et mon grand-père ajoutait : "Tu peux me regarder comme ça, tu es aussi gourmand que ton maître". Ce qui déclenchait le fou-rire de ma mère, la perplexité du chien redoublait et mon exaspération augmentait. Comment pouvait-on insulter un chien innocent, le rendre coupable du défaut de son maître ? Quand on est enfant, le moindre incident prend des proportions énormes

08:24 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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