09/01/2006

Roger

J'aurais bien des anecdotes à raconter. Lorsque je suis venu au monde, il avait deux ans et demi et sa soeur en avait sept. Ils étaient élevés par leur grand-mère et figuraient avec celle-ci parmi les habitants de la cave où je suis né. Quand je suis venu au monde, où lui a dit : "Viens voir le beau petit garçon qu'on a apporté à la voisine". Il vint me voir dormant dans mon berceau de fortune et me voyant inerte, comme peuvent l'être parfois les bébés (le calme avant la tempête), il déclara, avec une petite moue, mais la voix décidée d'un enfant qui commence à parler : "Il est crevé". Il avait vu quelques jours auparavant un chien qui avait été tué par l'effet d'une bombe et qui, lui aussi, était inerte. Dans sa petite tête d'enfant, il fit la comparaison...
En grandrissant, Roger était doué d'une forte imagination. Il organisait, dans le grenier de ses grands-parents, des séances de guignol. Il nous faisait passer aisément du rire au larmes - quand il ne nous faisait pas avoir peur. Le grand-père était revenu dans le courant de l'année 45 du camp de prisonnier où il avait été interné par les allemands. Le père de Roger, séparé de son épouse, l'avait confié, lui et sa soeur à leur grand-mère pour pouvoir mener sa vie de garçon assez volage

07:38 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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