11/01/2006

hyperprotégé

Jusque l'âge de neuf ans - cela vous fera certainement sourire - je n'avais jamais traversé une rue tout seul, sans que ma mère ou un autre adulte me surveille. Mes parents et moi, nous avions l'habitude de partir en vacances une semaine par année... toujurs au même endroit. Là où mon père avait été mobilisé en 1939 : à Hollogne-aux-Pierres, dans la banlieue liégeoise. Je ne sais pour quelle raison, mes parents n'aimaient pas beaucoup le train et nous prenions un bus à Verviers qui nous conduisait, par forces détours, à la gare des bus à Liège : place Xavier Neujean ; de là il fallait se rendre à pieds à la célèbre place Saint-Lambert pour y prendre un tram, qui lui aussi nous ferait faire pas mal de promenades au travers de la banlieue liégeoise. Cette année-là la date avait été fixée. Une semaine avant notre départ, mon père me dit, alors que nous étions à table : "quand est-ce que tu pars une semaine avant nous ?" Je répondis : "je pars tout de suite". Mon père, un peu surpis, regarda ma mère et lui dit : "Apprête-lui ses affaires". Je vis pâlir ma mère ; mais devant ma détermination, mon père insista. Maman était au bord des larmes, son enfant unique allait faire un "grand" voyage tout seul. On me prépara donc une petite valise avec tout le nécessaire pour le voyage. La surprise fut grande chez les amis de mes parents quand ils me virent arriver seul. Des gens qui auraient pu figurer dans les personnages de Pagnol ou de Daudet s'ils avaient eu l'accent du midi. Des gens que lorsqu'ils sortaient de leur village, auraient très volontiers ameuté toute la population, parce que c'était un événement. "Et ta mère t'a laissé partir tout seul..." J'ai bien sûr passé sous silence toutes les recommandations d'usage quand j'avais franchi le seuil de la maison paternelle, pour ne plus y retourner - avec mes parents cette fois-ci que 15 jours plus tard

08:52 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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