26/01/2006

Mes années de catéchisme

Quand j'entrai au catéchisme préparatoire à la communion solennelle, j'eu l'avantage d'avoir deux prêtres différents comme enseignant. L'un un grand vicaire pour la première année, un très brave homme qui fut compieusement chahuté par les garçons parce qu'il avait un fort accent. Il était d'origine hollandaise. C'était, comme je m'en rendis compte plus tard un joyeux drille, qui avait semble-t-il été envoyé dans nos contrées en guise de punition. C'était encore l'époque où les prêtres avaient des servantes, souvent des veuves qui venaient bénévolement se mettre au service des prêtres (Aujourd'hui, il n'y en a plus guère ; parce que d'une part, le bénévolat n'est plus très prisé et l'administration tatillonne ne veut pas, de mauvaise fois, admettre qu'il puisse encore exister du bénévolat). Mais le grand vicaire, comme on l'appelait famillièrement lui avait à son service sa cousine - ce qui provoquait souvent un clin d'oeil de la part des adultes, quand on n'avait pas droit à la réflexion : "sa cousine du côté du gros doigt de pieds". L'autre vicaire, petit, jovial, fils de fermier, né dans le même village que mon père, avait la cote avec les jeunes. Il était plus sévère que le grand vicaire, mais son "cours" était plus enthousiasmant. Celui que l'on redoutait le plus, c'était de voir arrivé le curé, un homme plein de complexe, qui faisait le catéchisme pour les filles ; mais auquel nous avions droit quand le ou les vicaire(s) étai(en)t absent(s). Son frère parvint au statut d'évêque, mais lui resta jusqu'à la fin curé. C'était un homme austère, renfermé ou timide (je ne sais pas exactement) volontiers moralisateur (comme beaucoup l'étaient à l'époque). Lorsqu'il passait dans notre rue, il marchait la tête baissée, pour ne pas voir les dames de petite vertu qui l'habitaient ou la fréquentaient pour exercer leur talent. Sa "soucoupe volante", comme nous disions bien offosée sur la tête, placée à la façon d'une visière pour en voir le moins possible. Pourtant ces femmes n'étaient pas si irrespectueuses de la religion que cela, certaine d'entre elles affichaient parfois une certaine piété - un peu sommaire, je l'avoue - mais n'avaient pas honte de se signer lorsque passait la procession annuelle de la paroisse. Le grand vicaire faisait beaucoup moins d'embarras que le curé, et on le vit plus d'une fois sortir légèrement éméché d'un de ses établissements qu'on désignait pudiquement de "café louche"

08:50 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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