31/01/2006

Les échasses

La télévision n'existait pas encore lorsque j'étais enfant. Alors nous avions d'autres occupations, parfois plus créatives. Il y avait des modes comme cela chez les enfants. Un certain moment, je maniais le yoyo avec grande dextérité. Puis, vint le temps des échasses. Bien sûr on en trouvait à tous les prix. Mon père m'en fit une première paire avec du bois de ré-emploi. Mais j'en acquis bientôt une plus solide que l'on obtenait en prime à l'achat 1 kg de miel. Alors, tout le monde s'est mis au miel dans la maison pour que je puisse avoir cette belle paire d'échasses bien solides et que j'ai d'ailleurs gardé très longtemps. Mais pour apprendre à marcher avec des échasses, c'était un réel apprentissage. Non seulement, il fallait tenir l'équilibre ; mais surtout, il fallait s'habituer à ce que les pieds n'avaient plus qu'un rôle passif. Ce sont les mains et les bras qui nous guide sur les échasses. Je me vois encore, avec mes copains de l'époque, adossé à un mur, montant péniblement sur nos échasses et puis tentant de faire quelques pas. A force de persévérance on y était parvenu. Puis, l'étape suivante, c'était de grimper sur les échasses en marchant et non plus, adossé contre le mur. Puis, la suite, c'était les courses que nous organisions. Quelles parties de plaisir

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30/01/2006

Mes lunettes

A l'âge de cinq ans et demi, j'entrai à l'école primaire. Après quelques semaines force fut de constater que j'avais quelques déficiences oculaires. Ma mère me conduisit donc chez un occuliste comme on disait plus couramment alors. Celui-ci la rassura en disant qu'il allait me prescrire des lunettes et que ce serait préventif...plus de cinquante-cinq ans plus tard, je les porte encore. Mais qui dit lunettes pour un enfant, doit aussi parler des risques pour les bris de lunettes. Et surtout, lorsque j'étais enfant, je ne crois pas que les lunettes incassables existaient. Je n'étais pas un enfant qui avait des jeux très brutaux et je n'étais nullement sportif, donc je diminuais ainsi les possibilités de les casser. Oui, mais, je me souviens d'une semaine épouvantable, où mes verres ont été cassés par deux fois. Mais je ne sais plus dans quel ordre se sont passés ces deux événements. Un jour, je me rendais, en courant, au catéchisme. Car celui-ci avait lieu à midi, et l'instituteur ne nous donnait la permission de quitter la classe qu'en dernière minute. Je courais quand tout à coup un copain, me voyant courir, me fit un croche-pied ; je m'étalais de tout mon long et mes lunettes partirent à deux mètres de moi : un verre brisé. L'opticien, ayant encore mes coordonnées remplaça le verre le jour même. Je me rendis à la menuiserie dont j'ai parlé précédemment. Et là, un autre gosse prix un petit morceau de bois en le lançant dans ma direction, en criant "petit avion". L'"avion" atterrit en plein milieu d'un verre de lunettes. Je vous laisse deviner la "joie" de mes parents devant faire face à cette nouvelle dépense imprévue

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29/01/2006

La menuiserie

J'avais, comme on disait, une bonne tête - c-à-d une bonne mémoire - Mais comme j'étais assez maladroit de mes fins, mes parents m'envoyèrent le mercredi après-midi et le samedi après-midi, pendant les deux dernières années de primaires à la menuiserie. Un instituteur initiait tous les garçons à travailler un peu le bois. J'arrivais au bout de mes ouvrages, mais, à bien réfléchir, je pense que l'instituteur me donnait un sérieux coup-de-main pour les finitions. Certains on peut-être trouvé là leur vocation. Ce ne fut pas mon cas. Je me souviens du premier ouvrage, une planche à pain, que ma mère exhiba fièrement et se servit dans le ménage. Je fis également un dessous-plat, un petit banc, que l'on appelait dans le dialecte de ma région "passette". Ce fut l'ouvrage le plus élaboré que je fis. D'autres plus rapides et plus habiles firent d'autres objets au courant de ces deux années scolaires. Je sais grâce à cela planter un clou (+ ou -, ne nous vantons pas ) et surtout "scier" mon pain droit, puisque très souvent je fais mon pain moi-même et ne possède pas de couteau électrique ou de coupe-pain

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28/01/2006

Une injustice

Le vicaire était resté bouche bée. Nous en étions à l'examen final précédent la communion solennelle. Malgré les nombreux pièges qu'il m'avait tendu, j'avais fait un sans faute à l'examen de catéchisme. Et il m'avait attribué 100/100 : le maximum. Mais lorsque quelques semaines plus tard, il fallut nous "donner les places" ; ma surprise fut totale, je n'étais que classé troisième. Il y avait une raison à cela, je n'avais rien pour faire une premier du catéchisme. Je fréquentais l'école communale et je ne fréquentais ni le patronnage, ni les scoutes catholiques. Le vicaire responsable du patronage, donnait toujours la préférence à un patroné (pourtant ce patronné-là fréquentait aussi la communale) et il fallait bien un élève de l'école catholique pour suivre et en deuxième lieu on mit donc un élève de l'école des pères jésuites. Malgré mon brillant résultat, s'il y avait eu un podium, j'y serais monté mais sur la troisième marche. Je n'avais pas d'aspirations particulières et n'en pris pas ombrage

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27/01/2006

Ils iront en enfer

Le jeune vicaire, si ouvert pour son époque, nous dit un jour sans rire ; car on ne riait pas de ces choses lorsque j'étais enfant:  "Si vous avez des voisins protestants, vous pouvez les saluer ; mais ne les fréquentez pas ; car ces gens iront en enfer." Sur le moment, je ne réagis pas. Mais deux années plus tard, j'entrai à l'école secondaire et sur une classe d'environ 30 élèves, il y avait un protestant. Je le regardai comme une bête curieuse. Un garçon si sympathique allait-il donc aller en enfer ? Ce fut le début de mon interrogation qui me conduisit plus tard à changer de bord et à aller du côté de ceux qui iraient en enfer. D'ailleurs, j'ai rayé pratiquement ce mot de mon vocabulaire religieux. Un théologien catholique, jésuite, Hans Urs von Balthasar, n'a-t-il pas dit : "L'enfer existe ; mais qui dit qu'il y a quelqu'un dedans ?" Je crois que cette histoire d'enfer est venu de la confusion de traduction d'une langue à l'autre. Les théologiens et les poètes ont bien brodé sur le sujet et terrorisé des générations 

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26/01/2006

Mes années de catéchisme

Quand j'entrai au catéchisme préparatoire à la communion solennelle, j'eu l'avantage d'avoir deux prêtres différents comme enseignant. L'un un grand vicaire pour la première année, un très brave homme qui fut compieusement chahuté par les garçons parce qu'il avait un fort accent. Il était d'origine hollandaise. C'était, comme je m'en rendis compte plus tard un joyeux drille, qui avait semble-t-il été envoyé dans nos contrées en guise de punition. C'était encore l'époque où les prêtres avaient des servantes, souvent des veuves qui venaient bénévolement se mettre au service des prêtres (Aujourd'hui, il n'y en a plus guère ; parce que d'une part, le bénévolat n'est plus très prisé et l'administration tatillonne ne veut pas, de mauvaise fois, admettre qu'il puisse encore exister du bénévolat). Mais le grand vicaire, comme on l'appelait famillièrement lui avait à son service sa cousine - ce qui provoquait souvent un clin d'oeil de la part des adultes, quand on n'avait pas droit à la réflexion : "sa cousine du côté du gros doigt de pieds". L'autre vicaire, petit, jovial, fils de fermier, né dans le même village que mon père, avait la cote avec les jeunes. Il était plus sévère que le grand vicaire, mais son "cours" était plus enthousiasmant. Celui que l'on redoutait le plus, c'était de voir arrivé le curé, un homme plein de complexe, qui faisait le catéchisme pour les filles ; mais auquel nous avions droit quand le ou les vicaire(s) étai(en)t absent(s). Son frère parvint au statut d'évêque, mais lui resta jusqu'à la fin curé. C'était un homme austère, renfermé ou timide (je ne sais pas exactement) volontiers moralisateur (comme beaucoup l'étaient à l'époque). Lorsqu'il passait dans notre rue, il marchait la tête baissée, pour ne pas voir les dames de petite vertu qui l'habitaient ou la fréquentaient pour exercer leur talent. Sa "soucoupe volante", comme nous disions bien offosée sur la tête, placée à la façon d'une visière pour en voir le moins possible. Pourtant ces femmes n'étaient pas si irrespectueuses de la religion que cela, certaine d'entre elles affichaient parfois une certaine piété - un peu sommaire, je l'avoue - mais n'avaient pas honte de se signer lorsque passait la procession annuelle de la paroisse. Le grand vicaire faisait beaucoup moins d'embarras que le curé, et on le vit plus d'une fois sortir légèrement éméché d'un de ses établissements qu'on désignait pudiquement de "café louche"

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25/01/2006

en courtes culottes

Jusque l'âge de quatorze ans, ma mère me fit porter des culottes courtes, comme on dirait aujourd'hui, j'étais toujours en short. Même pour faire ma communion à 11 ans et demi, ma mère de prétendit pas me mettre un autre costume, qu'une veste avec un pantalon court. Etait-ce sa façon à elle de me maintenir le plus longtemps possible dans l'enfance ; car elle ne me donna jamais d'explication à cet épisode. Lorsqu'à 15 ans, enfin, je pu mettre un pantalon "normal", je le gardai pendant des années, refusant de porter un short, même lorsqu'il faisait très chaud. Il me semblait presque indécent de montrer ne fut-ce que ses mollets. Il me fallut atteindre l'âge de 23 ans pour m'affranchir de mes complexes vestimentaires

08:04 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |