02/03/2006

Là où la lecture d'un livre fait chavirer mes certitudes

J'avais 14 ans était j'étais très faible en mathématiques. Mes parents avaient donc décider de me faire donner quelques leçons de mathématiques. J'étais allé quelques fois chez une dame dont je revois surtout la corpulence et le ton doctoral lorsqu'elle tentait de m'inoculer cette science qui pour moi était loin d'être infuse. Une des dames de la poste en parla au percepteur qui accepta de me donner ces leçons si nécessaires. Avec beaucoup de doigté, ce monsieur me parla d'autres choses que des maths et comme il était aussi un grand lecteur, il me demanda si j'avais déjà lu Zola. Il me dit qu'il voulait bien me prêter un de ses ouvrages, avec l'autorisation de mes parents - bien sûr. Le premier livre qu'il me passa fut "Nana". Je ne sais pas si c'est le premier ouvrage de Zola à lire... Mais le style de cet écrivain me plut immédiatement. Un jour que j'étais dans une librairie, j'achetai "Germinal" et ce fut là ma révolution. J'étais fils d'ouvrier, ce qui me fit comprendre la situation d'exploitation qu'avait pu connaître mes parents. Mais, le début de ma révolution "religieuse" vient de là. J'avais été éduqué, bien que mes parents se disaient athée, dans le giron de l'Eglise catholique romaine et pour moi, je pensais - comme on le pensait alors sans nuance - hors de l'Eglise point de salut. Mais à partir de Zola, je vis l'envers du décor. L'Eglise qui jusque là avait toujours, à de rares exceptions près, soutenu le riche contre le pauvre ; qui avait aussi, sans vergogne, étalé une certaine forme de richesse, comment pouvait-elle revendiquer cette exclusivité. C'est tout cela, qui dans la lecture de Germinal, me sauta au visage comme une bombe à retardement

09:14 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.