03/04/2006

Mon premier prof de religion

Mon premier prof de religion était vraiment ce qu’on peut appeler de la vieille école. Soutane stricte, comme on la portait alors. Il souriait rarement et son sourire ressemblait plutôt à une grimace de quelqu’un qui souffre et qui essaye de contenir sa souffrance. J’étais en général bon élève dans son cours ; mais une fois, je n’avais pas pu répondre à une question qu’il me posait et il m’avait imposé d’écrire plusieurs pages du manuel. Le problème c’est qu’il avait cité des pages au hasard sans contrôler. Devant l’ampleur de la tâche, ma mère avait accompli au moins la moitié du pensum afin de ne pas me mettre trop en retard dans les autres matières. Mon père alla le trouver dès la première réunion de parents et c’est à ce moment-là qu’il reconnut n’avoir pas vérifié ce qu’il m’avait infligé (et par la même occasion à ma mère) ; mais cela mon père n’a pas cru bon de lui rapporter. L’année suivante, il fut affecté en paroisse. Près de quarante plus tard, je fis la connaissance d’une de ses nièces qui me parlant de la fin de sa vie me dit qu’il était devenu un homme plus souple et d’une grande humilité

08:10 Écrit par JMG | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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